sábado, 26 de mayo de 2012

Quand l’opposition au monopole capitaliste devient "délit de rébellion" : Les prisonniers politiques en Colombie entre torture et invisibilisation

Quand l’opposition au monopole capitaliste devient "délit de rébellion" : Les prisonniers politiques en Colombie entre torture et invisibilisation 

Par Azalea Robles, traduction Pascale Cognet

En Colombie, des milliers d’hommes et de femmes sont condamnés pour « délit de rébellion » -inscrit dans le  code pénal - et  aussi condamnés en vertu de son extension  plus arbitraire, le crime  de « terrorisme » [1], une catégorie qui englobe tout ce qui peut gêner l’État colombien et le grand capital d’un pays spolié qui tente d’étouffer le mécontentement social par l’extermination et l’incarcération.

Sur les 9500 prisonniers politiques  de  l’État colombien, on estime que près de 90%  sont des civils incarcérés  à cause de leur  activité politique, leur pensée critique et leur opposition  aux politiques  de destruction  de l’environnement : syndicalistes, défenseurs de l’environnement, enseignants,  dirigeants paysans, universitaires critiques, avocats, médecins, défenseurs des droits humains…même les artistes font l’objet de persécutions politiques. Les montages judiciaires avec des témoins payés et des preuves falsifiées  sorties « d’ordinateurs magiques » , sont manigancés de façon systématique contre les victimes de persécutions : les agissements illégaux de l’establishment  militaire et de ses témoins  préparés dans les bureaux de l’armée [2] sont  avalisés par l’appareil judiciaire de façon scandaleuse tout   en s’articulant avec des lois criminalisant la protestation : l’appareil judiciaire est utilisé comme arme de guerre contre la population, afin de démanteler l’organisation sociale et empêcher toute pensée critique.

Par ailleurs, tout le monde sait qu’en Colombie un conflit social, politique et armé fait rage et que,  dans ce cadre, les insurgés capturés par l’État sont des prisonniers politiques de guerre, parce que leurs revendications sont éminemment politiques et parce qu’il y a une guerre. Mais l’État colombien essaie de cacher le soleil avec un doigt.  

L’existence de milliers de prisonniers politiques est la preuve tangible de la réalité d’une guerre répressive déclenchée par l’État colombien contre la revendication sociale ; par conséquent l’exigence de liberté pour les prisonniers politiques est la colonne vertébrale  de la construction d’une véritable paix  avec justice sociale.


En Colombie, l’expression du capitalisme est à son paroxysme : la terreur  corrélative au pillage des ressources au bénéfice du grand capital s’applique de la façon la plus dure  contre la population, avec pour objectif le déplacement d’un nombre  énorme  de personnes des zones convoitées et l’élimination  des revendications. On compte plus de 5,4 millions de personnes spoliées de leurs biens et déplacées de leurs terres. Les multinationales et les latifundiaires  accaparent les terres volées et légalisent actuellement les titres de propriété sur la base  d’artifices astucieux  favorisés par la loi de Santos  relative à la terre qui  légalise les spoliations,  comme le dénoncent  si  bien  les communautés. Au moment où  le capitalisme mondial approfondit  à l’extrême les contradictions  entre l’accumulation  capitaliste et la survie de l’espèce, les stratégies répressives menées en Colombie sont également destinées à être appliquées dans la région, ce qui donne une raison supplémentaire-en dehors des raisons éthiques- pour  se solidariser avec le peuple colombien.

TORTURES : l’assassinat de proches comme forme de torture*

Il y a beaucoup à dénoncer sur  les tortures. Les aberrations  commises contre les prisonniers politiques se surpassent dans l’horreur  et sont perpétrées sous couvert d’ostracisme et d’invisibilisation* : c’est pour cela que la solidarité avec les prisonniers  politiques doit être envisagée comme une priorité sociale. Il y a des prisonniers qui passent  des années reclus dans des cachots [3],  avec  passages à tabac, humiliations, tortures physiques et psychologiques ; certains prisonniers sont conduits à la mort parce qu’on leur refuse l’assistance médicale [4], il y a des prisonniers aveugles et sans bras, amputés, des malades en phase terminale qui subissent une torture permanente parce qu’on leur refuse même les traitements contre la douleur et qu’on les enferme dans des blocs bourrés de paramilitaires alors qu’ils sont totalement  sans défense. Le cas du prisonnier politique Oscar Elias Tordecilla est particulièrement révélateur, il a les deux bras amputés, en plus d’être devenu aveugle faute d’assistance médicale indispensable, il a été emprisonné dans un état limite, placé intentionnellement  dans un centre pénitencier  sans prisonniers politiques, dans un pavillon rempli de paramilitaires  en violation de la règlementation de la médecine légale et du droit humanitaire  international[5]. Il y a aussi plusieurs  prisonniers politiques et de guerre qui ont vécu l’assassinat de leurs proches parce qu’ils ont  refusé de jouer le rôle de faux « témoins » pour la police  dans des montages judiciaires contre des leaders paysans, syndicalistes et militants d’organisations sociales. Le cas du prisonnier politique Carlos Iván Orjuela illustre ce drame.  Carlos Iván  a  subi des pressions de la part de la section de la police judiciaire et d’enquête (SIJIN) pour qu’il témoigne contre des leaders paysans du Magdalena Medio (département colombien). Devant son refus de collaborer à des montages judiciaires, la police a fait disparaître et assassiner son frère cadet, puis avec un montage judiciaire a emprisonné une  proche  qui s’occupait de son fils tout en menaçant d’assassiner aussi l’enfant  de six ans. Le Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques dénonce :
« il a été mis sous pression pour collaborer, sinon il le paierait cher’(…) l’agent de la SIJIN Juan Carlos  Torres a proféré des menaces de montages judiciaires à l’encontre de sa famille et a menacé directement son fils  en disant  que « bientôt la nuit allait tomber mais le jour n’allait plus se lever» pour lui. Il lui donna un délai pour qu’il devienne un  des si nombreux témoins à solde qui grouillent dans le système judiciaire colombien ».[6] Aux  menaces ont succédé des crimes plus graves: «  la disparition forcée et l’homicide du frère cadet du prisonnier politique (..) La capture  de María Yolanda Cañón, proche chargée de s’occuper de son fils. Le prisonnier politique a entrepris d’appeler sur le portable de María Yolanda, mais ce fut l’agent de la SIJIN Celis Torres qui répondit, en se moquant de lui et en le prévenant que s’il persistait à refuser de collaborer  ils continueraient (…),  textuellement :’je vous ai dit de collaborer et vous n’avez pas voulu collaborer et alors le parquet avait déjà  un petit paquet ([un dossier monté de toutes pièces, NdT] et c’est moi qui ai eu la tâche de la capturer et d’ailleurs j’ai en réserve d’autres  petits paquets» Le CSPP ( Comité de solidarité avec lesprisonniers politiquesdénonce les « agissements illégaux et vengeurs des membres de la police judiciaire pour obtenir des « résultats » au mépris  des droits humains  et du droit humanitaire  international. Pratiques s’inscrivant dans une politique qui a eu pour résultat  les exécutions extrajudiciaires connues sous le nom de «faux positifs» et la judiciarisation massive d’une  population  civile innocente, arrêtée au cours des fameuses «rafles massives»..



NOTES:
Ce texte bref est une modeste contribution –à la demande des lecteurs- sur la thématique des prisonniers politiques en Colombie ; je recommande aux lecteurs de lire mon enquête sur ce thème, qui est en 5 parties, dont 4 ont déjà été publiées à la date du 16 mai 2012. La cinquième partie est une enquête plus approfondie sur la torture dans les prisons colombiennes et sera publiée  en juin 2012. Une traduction française de ce dossier est en cours.

Les parties déjà publiées au 20 mai 2012 de ce dossier sont (disponibles en español et prochaînement disponibles en français) :

Dossier : La Colombie et ses milliers de prisonniers politiques réduits au silence

           



V-    A paraître, enquête approfondie sur la torture dans les prisons colombiennes     
   
[1] Des milliers d’hommes de femmes condamnés pour « délit de rébellion » : »(…) Existence du délit politique qui est reconnu également par la législation pénale colombienne, la Constitution Nationale et les traités internationaux ratifiés par l’État colombien. Nous ne comprenons pas comment les représentants de l’établissement prétendent ignorer la réalité que  vit le pays, et la législation nationale et internationale qu’ils disent défendre. »http://www.traspaslosmuros.net/node/748
Rapport Perspective en point de fuite : « La stratégie utilisée contre les prisonniers politiques consiste à les juger pour rébellion et à y ajouter les charges de terrorisme, narcotrafic  et association criminelle à buts terroristes dans l’objectif clair de leur enlever le statut politique, y compris en facilitant leur extradition. »http://issuu.com/traspasalosmuros/docs/traspasalosmuros
(2)L’avocat défenseur du journaliste Joaquín  Pérez Becerra  lance un appel à la solidarité, à quelques jours du procès politique.
« Les informateurs payés par l’État sont  instruits dans les bureaux du renseignement militaire » http://www.rebelion.org/noticia.php?id144172
(3) « Il est de notoriété publique que nous  les prisonniers politiques et de guerre, et en général  la population carcérale, qui s’élève à plus de 130.000 personnes, nous vivons dans des conditions  infrahumaines et on bafoue constamment nos droits humains, les procès auxquels nous avons droit, le droit à la santé, la dignité humaine, etc…Quasi systématiquement, nous sommes confinés dans des centres de réclusions éloignés de nos familles, on nous isole dans des blocs punitifs, on nous condamne à une vie de torture et dans la pratique on nous impose des chaînes permanentes, comme c’est le cas pour le camarade Jorge Augusto BERNAL, membres des FARC-EP, fait prisonnier par l’État il y a 17 ans, il est resté  au cachot pendant  8 années, dont  4  dans la prison de La Tramacúa de Valledupar, sans eau, avec  des températures de 40 °, sans accès aux soins médicaux(…) C’est un  cas parmi tant d’autres  prisonniers politiques qui ont été condamnés à de véritables  perpétuités avec des peines allant de 40 à  6O années  et plus. On  voit aussi des cas de torture, comme c’est  le cas du camarade Diomedes  Meneses CARVAJALINO, en chaise roulante, paraplégique suite aux tortures, et qui, même s’il remplissait  les conditions exigées  pour la remise en liberté conditionnelle, se l’est vu refuser  illégalement(…) Face à l’isolement et aux punitions, et après des processus de déroutement moral, on nous incite à nous démobiliser et à renier nos principes et notre organisation, comme c’est le cas pour  le camarade Bernardo Mosquera  MACHADO , emprisonné dans un cachot, avec des  problèmes respiratoires et cardiaques, âgé de 67 ans, et face à ses problèmes l’unique réponse donnée par l’INPEC (Instituto Nacional  Penitenciario y Carcelario :Institut National Pénitentiaire et Carcéral) et le gouvernement a été une visite au cours de laquelle des délégués du gouvernement l’ont encouragé à se démobiliser et à trahir sa cause, en échange de quelques bénéfices juridiques.(…)C’est  sur ces cas parmi tant d’autres que les autorités responsables de la protection des droits humains et les organisations de la communauté nationale et internationale doivent  mener  des investigations. » http://www.traspasalosmuros.net/node/748
[4] Prisons dans lesquelles décèdent à une fréquence scandaleuse les prisonniers  politiques et de guerre. Mars 2012 : Des prisonniers politiques à qui on a diagnostiqué un cancer ne reçoivent toujours pas de soins médicaux : http://www.comitedesolidaridad.com/index.php?option=com_content&view=article&id=681:fcspp&catid=32:acciones-urgentes&Itemid=68
Témoignage de la fille d’Arcesio Lemus, prisonnier politique assassiné par l’Etat en 2010 ; Les prisonniers politiques sont  torturés et  de fait condamnés à mort, par refus d’assistance médicale. http://www. rebelion .org/noticia.php ?id=145983
Janvier 2012 : « Les cas d’assassinats de prisonniers  politiques sont en augmentation »http://rebelion.org/noticia.php ?id=143800
« La peine de mort n’a pas été adoptée pour que l’INPEC nous l’applique aussi lentement et de façon si douloureuse » Un autre prisonnier décède dans une prison colombienne par refus d’assistance médicale, janvier 2012 :http://www.rebelion.org/noticia.php ?id=142756
Avril 2011 : Des prisonniers politiques  décèdent  par refus d’assistance médicale :http://www.rebelion.org/noticia.php ?id=127100
Vidéo témoignage de torture, Diomedes Meneses : http://blip.tv/cocalo/diomedes-3393961
[5]  Le prisonnier politique, Oscar Elías Tordecilla, amputés des deux bras, en plus devenu aveugle  par refus d’assistance médicale nécessaire, et emprisonné dans une situation extrême, placé intentionnellement dans un centre pénitencier sans prisonniers politiques, avec des paramilitaires, en violation de la réglementation de la Médecine légale et du DIH. Bien qu’un juge ait demandé  l’assignation à résidence, le prisonnier politique Oscar Elias Tordecilla non voyant et amputés des deux bras, est toujours emprisonné dans une situation extrême. http://www.rebelion.org/noticia.php?id=105346
[6] Les crimes d’État contre les proches sont utilisés comme moyen de torture et de chantage contre les prisonniers politiques, si les prisonniers n’acceptent pas de devenir des informateurs, ou pour passer sous silence les dénonciations. On assassine le frère aîné du prisonnier politique Carlos Iván Peña Orjuela  et la police menace son fils âgé de 6 ans.http://www.rebelion.org/noticia.php ?id=102342
« L’agent  de la SIJIN Juan Carlos Celis Torres a proféré des menaces de montages judiciaires contre sa famille et a menacé directement son fils(…)  Il lui a donné un délai pour devenir un témoin à solde parmi tant d’autres de ceux qui grouillent dans le système judiciaire colombien » Après les menaces : « la disparition forcée et l’homicide du frère cadet du détenu politique(…) la capture de María Yolanda Cañón, proche en charge de son fils ».
L’enfant Alida Teresa, fille de prisonnier politique, violée et assassinée par des paramilitaires, en toute impunité en 2012
http://www.kaosenlared.net/noticia/desaparicion-familiares-tortura-contra-presos-politicos-alto-estado-ge En liberté, cinq paysans de Santander et la  parente de Carlos Iván Peña Orjuela, Yolanda  Cañón, victimes de montage judiciaire : ils ont passé 7 mois en prison avec des faux témoins, les uns pour leur activité dans l’organisation paysanne, et Yolanda Cañón  comme moyen de représailles contre le prisonnier politique Peña Orjuela à cause de son refus de jouer le rôle de faux témoin dans les montages judiciaires de la police SIJIN.http://www.sinaltrainal.org/index.php?option=com_content&task=view&id=1969&Itemid=48
Octobre 2011 les prisonniers politiques de Palogordo en grève de la faim  ont exigé l’assistance médicale pour le prisonnier politique Peña Orjuela http://www.sinaltrainal.org/index.php?option=com_content&task=view&id=1969&Itemid=48

Traduit par Pascale Cognet, La Pluma et Tlaxcala 

domingo, 8 de enero de 2012

La pensée critique et la lutte sociale, ne sont pas du "terrorisme" Colombie : Miguel Ángel Beltrán est libre, il reste 7.500 prisonniers politiques

La pensée critique et la lutte sociale, ne sont pas du "terrorisme"
Colombie : Miguel Ángel Beltrán est libre, il reste 7.500 prisonniers politiques


Azalea Robles 
Traducido por  Alain Caillat-Grenier




Après plus de 2 ans d'emprisonnement sur la base d'un montage judiciaire grossier, de persécution et de menaces de mort à l'intérieur de l'établissement pénitentiaire, ainsi que des filatures et menaces à l'encontre de sa famille, de ses amis et avocats, Miguel Beltrán, universitaire, sociologue et historien, qui fut séquestré au Mexique et remis à la Colombie, où l'attendaient 2 années d'un procès kafkaïen, sort libre.



 Deux ans de lutte contre la judiciarisation de la pensée critique: parce que penser est passible de poursuite, comme si cela constituait un délit en Colombie. C'est ainsi que l'exprime Miguel Ángel Beltrán:
"Je considère que l'attitude qui consiste à taxer de guérillero celui qui étudie la réalité sociale avec une loupe, est le propre d'un État qui poursuit et criminalise tous ceux qui pensent différemment. C'est précisément ce qui m'est arrivé et c'est pour cela même que mes écrits universitaires ont été utilisés comme preuve pour m'accuser de délit de rébellion, ce qui constitue clairement une persécution de la pensée critique. L'intention du régime de me priver de la liberté, bien que depuis longtemps l'illégalité des preuves ait été établie, est d'envoyer un message clair aux universitaires critiques et à l'université publique en général: "abstenez-vous d'étudier le conflit social et armé dans une perspective différente de l'officielle. Car voyez ce qui peut vous arriver. Gardez-vous de penser critiquement". Et cela, sans aucun doute, a fonctionné dans certains secteurs universitaires, qui se sont réfugiés dans le silence." (1).
Certains hommes sont comme les arbres: leur pensée donne vie et fleurit en pleine lumière…
Ces hommes sont emprisonnés par ceux qui entretiennent l'obscurantisme.
Miguel Ángel Beltrán, sociologue, prisonnier politique de l'État Colombien.
Colombie: 7 500 prisonniers politiques. La solidarité devient une urgence
Les dernières semaines ont été particulièrement angoissantes pour Miguel Ángel Beltrán et sa famille, car on a d'abord pris connaissance du témoignage d'un agent qui avait travaillé au Mexique pour la DAS (police politique colombienne), lequel avait effectué des filatures du professeur Beltrán et assuré que le professeur ne faisait partie d'aucune "commission internationale des FARC", ce dont l'accusait l'état colombien, mais par la suite son témoignage fut réfuté par la "justice colombienne" sous prétexte qu'il n'était pas oculaire (2). Pour des raisons de sécurité, le témoin mexicain a déclaré devant le Haut Commissariat aux Droits de l'Homme des Nations Unies au Mexique: il a déclaré que Beltrán était innocent et qu'il l'avait déclaré la même chose à la DAS; mais il a obtenu comme réponse de la part de la DAS que Miguel Ángel Beltrán était "un trophée".
Le 4 juin 2011 Miguel Ángel Beltrán, sort libre de ce qu'on peut considérer comme une "séquestration carcérale"; une situation dont ont souffert des milliers de prisonniers politiques et qui dans le cas de Beltrán a duré plus de 2 ans. À de multiples reprises, Miguel Ángel Beltrán a dénoncé la judiciarisation dont il a été une victime, comme un message d'intimidation de la pensée critique; pour empêcher que ne fassent l'objet d'enquêtes, les racines historiques et sociales du conflit social et armé en Colombie. Comme Miguel Ángel l'a souligné dans l'interview de 14 avril 2011 : "La vérité semble dérangeante pour le système" (voir 1). Parmi les "preuves" qui furent grossièrement présentées à l'encontre de Beltrán, étaient ses écrits : en faisant de chaque audition judiciaire une parodie inquisitoriale. Comme Miguel Ángel Beltrán l'a toujours soutenu : la pensée critique n'est pas du "terrorisme".
Dessin de Juan Kalvellido pour la campagne Liberté pour Miguel Ángel Beltrán Villegas, prisonnier politique en Colombie ! lancée par Tlaxcala le 1er septembre 2009
Le jugement de la Cour Constitutionnelle sur l'invalidité des "ordinateurs magiques" devrait aboutir à plus de libérations
Miguel Ángel Beltrán a été libéré grâce au jugement de la Cour Constitutionnelle de Colombie de mai 2011, lequel a invalidé comme "preuves" les "ordinateurs dénommés magiques" que l'état colombien allègue avoir récupérés (3) dans le campement du commandant guérillero Raúl Reyes, bombardé en 2008 par une violation flagrante du territoire équatorien et du DIH : les trois survivants ont raconté comment après le bombardement, les blessés furent achevés à bout-portant par les soldats colombiens, et les autopsies ont confirmé le massacre.
Il y a au moins une centaine de personnes emprisonnées et inculpées sous les "preuves" des "ordinateurs magiques", inculpées d'appartenir ou de collaborer avec les FARC : ces personnes devraient être immédiatement libérées si le jugement de la Cour Constitutionnelle est respectée; mais le Ministère Public que certains appellent "entité inquisitrice" et "appareil de persécution politique" a fait appel de ce jugement.
C'est pourquoi les libérations attendues de par la loi, ne se produisent toujours pas. Parmi les personnes dont la liberté procède de l'application immédiate de la loi, se trouvent le journaliste Joaquín Pérez Becerra, récemment livré au gouvernement colombien par le gouvernement vénézuélien, sans que soit respectée la procédure due à une extradition en règle et en violation du DIH (4); et la sociologue documentariste Liliany Obando, incarcérée depuis presque 3 ans, mère chef de famille, séparée de ses enfants et maintenue en "séquestration carcérale", avec la circonstance aggravante que sa remise en liberté devrait déjà être effective en raison de l'expiration des délais stipulés dans la Loi "sans que l'audience publique ait été terminée, ce qui, selon l'article 365 (paragraphe 15) de la Loi 600 de 2000, constitue une cause de libération par expiration des délais" (Ibid.)
Malgré l'expiration des délais, malgré le jugement de la Cour Constitutionnelle sur l'invalidité des "preuves" des ordinateurs que l'état attribue à Raúl Reyes, Liliany Obando demeure en prison et fait l'objet de constantes sanctions pour avoir assumé dans la prison la défense des Droits de l'Homme des détenues. Il y a d'autres prisonniers et prisonnières politiques dont les inculpations ont été totalement invalidées par le jugement de la Cour Constitutionnelle et qui continuent cependant à être détenus. La dénonciation traverse les murs, selon laquelle Liliany Obando subit de fortes représailles afin d'empêcher que les visiteurs du rassemblement de solidarité avec les prisonniers politiques célébré à Bogotá la première semaine de juin puissent avoir accès à elle : " le Groupe de Réaction Immédiate est entré dans la cour du Bon pasteur et sans aucune explication, il a soustrait de sa cellule la prisonnière politique de conscience LILIANY OBANDO VILLOTA, pour la mettre au secret, ce qui a entraîné des inquiétudes dans sa famille (…)la prisonnière a été déplacé dans une autre cour de plus grande sécurité, éloignée des autres prisonnières politiques" (6). Liliany Obando est privée de liberté depuis le 8 Août 2008.
Dans ses allégations, le Ministère public a considéré que le jugement de la Cour Constitutionnelle a été: "un acte de trahison de la patrie".
La remise en liberté de Miguel Ángel Beltrán s'est faite à contrecœur, dans la mesure où le Ministère public a exprimé son total désaccord avec le jugement de la Cour en alléguant que le jugement serait "trahison de la patrie": c'est ainsi que le rédige Eduardo Umaña Mendoza dela Brigade Juridique: "le Juge a acquitté Miguel Ángel de toutes les charges qui lui ont été injustement reprochées par le Ministère public, lequel d'une manière grotesque dans ses allégations a dit que l'Acte Inhibitoire expédié par l'Honorable Cour Suprême de Justice - Salle de Cassation Pénale le 18 mai 2011 passé, a été" un acte de trahison de la patrie ".
Cela révèle le caractère de persécution politique qu'assume avec acharnement le Ministère public.
Le sociologue Miguel Ángel Beltrán a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une persécution politique et qu'en Colombie les intellectuels critiques sont accusés d'être des guérilleros, de manière à empêcher le développement de la pensée critique et de la conscience sociale.
Les universitaires sont objet de persécution et de stigmatisation : comme cela est arrivé avec Orlando Fals Borda ou dans des cas plus récents, comme celui du professeur Alfred Correa de Andréis, qui en 2004, après avoir été libéré et sorti de prison a été assassiné par l'appareil paramilitaire.
Beltrán était accusé d'avoir commis un délit de complicité de rébellion aggravée. Il a été capturé le 22 mai 2009 à Mexico, d'où il fut transféré à Bogotá et incarcéré dans la prison La Picota. Après plus de 2 ans d'angoisse et de violation de sa liberté, il sort libre et il doit préserver sa vie de l'appareil paramilitaire, car en Colombie il n'est pas rare qu'une personne, après avoir été libérée des montages judiciaires, finisse assassinée ou fasse l'objet d'une disparition forcée.
Les voix cohérentes et critiques comme celle du professeur Beltrán sont poursuivies par la guerre sale menée par l'état et ses forces para-étatiques, aujourd'hui rebaptisées avec l'euphémisme "BACRIM", dans une tentative de les occulter. Malgré les opérations de maquillage, "Les actions du gouvernement de Santos, pour cacher le para-militarisme" (7), la barbarie continue de s'intensifier au jour le jour, et la force publique, comme l'appareil paramilitaire continuent d'assassiner, de faire disparaître et de massacrer, comme le dénonce, le Mouvement des Victimes des Crimes d'État : "Dans la Politique de Prospérité Démocratique, la persistance des Crimes de Lèse Humanité se cache sous la dénomination de Bandes Criminelles, qui font partie de la nouvelle ingénierie paramilitaire et la fausseté du spectacle des démobilisations. Le pouvoir mafieux, politique et patronal persiste dans les structures paramilitaires. (…) La criminalisation de la protestation sociale continue, la judiciarisation des paysans, étudiants et de défenseurs des Droits de l'Homme, avec la persistance des pratiques de disparition forcée, de violence sexuelle, de contrôle militaire de la vie et de la pensée critique" (Ibid. ).
Colombie, amer 'record' chez des prisonniers politiques : montages judiciaires et conditions de réclusion inhumaines
La Colombie détient le record de prisonniers politiques : 7.500 prisonniers politiques, parmi lesquels au moins 7.000 civils sont emprisonnés sous des montages judiciaires : syndicalistes, maîtres, étudiants, universitaires, paysans, avocats, défenseurs des Droits de l'Homme, écologistes, sociologues, artistes, documentaristes... Celui ou celle qui revendique une justice sociale et qui avance une pensée critique s'exposé à souffrir la répression du régime colombien, et à être judiciarisé(e) sous des montages judiciaires avec des ordinateurs "magiques" ou des témoins payés par la DAS.
Tous les prisonniers et prisonnières politiques sont exposés à subir la torture, des traitements dégradants et se voient refuser l'aide médicale. Une étude dans les centres de réclusion de prisonniers politiques a révélé que la nourriture contenait de la matière fécale de manière systématique. Dans la prison la Tramacúa un drame humanitaire est dénoncé : "les Conditions inhumaines, passage à tabac et torture persistent dans la prison de haute sécurité de La Tramacúa, en Colombie, a assuré Alliance for Global Justice. Les prisonniers sont privés d'eau et la nourriture contient de la matière fécale ou elle est pourrie, selon ce qui a été constaté par la Commission pour les Droits de l'homme des Nations Unies et différentes ONG, et les conditions sanitaires sont déficientes." (8)
La privation d'eau jusqu'a trois jours d'affilé, est une pratique courante dans les centres de réclusion comme celui de Valledupar, à l'intérieur duquel les températures avoisinent les 35-40 degrés; de nombreux prisonniers et prisonnières sont tombés malade à cause de l'eau contaminée et les infections non traitées par refus d'assistance médicale ont même occasionné des décès. Dans les centres de Bogotá et des endroits plus froids, l'une des pratiques préjudiciables à la santé des prisonniers consiste à les baigner avec de l'eau glacée et à les obliger à rester nus dans des cours avec les températures autour de 5 degrés, comme le dénoncent, les prisonniers du centre ERON, dont les pratiques sont inspirées du modèle carcéral usaméricain, qui prévaut en Colombie.
"Conçue pour héberger près de 4000 prisonniers, les installations d'ERON - Bogotá ne remplissent pas les normes minimales établies par les protocoles internationaux pour le traitement des personnes privées de la liberté. (...) on nous oblige à faire nos besoins en public, violant le droit à l'intimité; on dispose de huit douches communes par cour, pour une population de 220 internes. La lumière solaire n'entre jamais au pénal et les conditions d'éclairage et d'aération sont précaires; en dépit des basses températures du pénal, nous n'avons pas de couvertures et elles ne sont pas non plus autorisées à y entrer (...) Pour les déplacements à l'intérieur du pénal, qu'il s'agisse de visites, d'entretiens avec les avocats ou tout autre type de démarches, on nous menotte. L'absence de caméra à l'intérieur des couloirs et des cours, facilite l'accomplissement d'actes illicites de la part des autorités pénitentiaires." (9)
Les prisonniers se plaignent également d'être privés "de l'accès au travail, aux études ou à l'enseignement comme mécanisme de rédemptions peines; ils mettent en évidence que la prétendue "finalité resocialisante" de l'établissement carcéral est une chimère puisqu'à aucun moment des actions protectrices sont proposées pour prévenir ou minimiser les effets du processus d'emprisonnement." (Ibid)
La situation des mères chefs de famille, prisonnières politiques, est dramatique, puisque l'une des tortures employées par l'autorité de la prison INPEC est d'exercer un chantage à la restriction des visites de leurs enfants et de les menacer de mettre leurs enfants à l'orphelinat si elles ne se plient pas totalement aux exigences qui peuvent leur laisser l'opportunité de postuler pour une remise en liberté ; et si les mères chefs de famille n'ont pas de proches pouvant s'occuper de leurs enfants et lorsqu'en violation de leurs droits constitutionnels leurs peines sont prolongées, il arrive malheureusement que les petits soient envoyés dans des établissements de l'état.
Les prisonniers politiques sont soumis à des passages à tabac réitérés et sont même obligés de partager les cours remplies de paramilitaires, dans lesquelles on les confine, y compris en les isolant des autres prisonniers politiques, avec une intention évidente d'attenter à leur vie et à leur intégrité physique. Plusieurs d'entre eux ont été assassinés dans ces circonstances, bien que cette mise en danger de leur vie par leur mise en présence avec des paramilitaires ait été dénoncée dans maintes occasions. Les prisonniers politiques sont également exposés à la mort par des maladies et des infections provoquées par l'alimentation adultérée et les conditions d'insalubrité qu'ils subissent dans les prisons : dans des états avancés de maladie l'aide médicale leur est refusée. Rien qu'en 2011, 5 prisonniers politiques sont morts dans les prisons colombiennes à la suite de tortures. (10)
En ce sens, le témoignage du prisonnier politique et de guerre Diomedes Meneses est représentatif : l'état lui a sorti un œil avec un couteau, ils se sont acharnés sur lui, avec toute l'humanité dont ils savent faire preuve jusqu'à le laisser paralytique, ils l'ont égorgé et l'ont envoyé à la morgue dans un état de catalepsie, puis constatant qu'il était toujours vivant, ils ont essayé de l'assassiner. Ils se sont obstinés contre lui, laissant pourrir sa jambe gangrénée sans aucun traitement (Voir la vidéo du cas de Diomedes Meneses).
  • La solidarité internationale avec les 7.500 prisonniers politiques colombiens est une urgence. Pour diffuser une information ou se rallier à la campagne de solidarité : http: // www.traspasalosmuros.net et www.arlac.be
Chroniques de l'autre baraque, Miguel Ángel Beltrán: une voix que même les barreaux n'ont pu faire taire
Miguel Ángel Beltrán: " La toile de fond des écrits que je présente dans mon livre" Chroniques de l'autre baraque " est le conflit armé et social qui secoue la Colombie depuis plus d'un demi-siècle et qui a eu pour le pays un coût très élevé économiquement, socialement et particulièrement en vies. Il a eu des épisodes de confrontation militaire intense, mais aussi des dialogues, qui n'ont malheureusement pas réussi à se cristalliser dans des accords capables d'éradiquer les racines mêmes qui ont alimenté cette guerre fratricide. Dans ce sens, je considère que la libération récente d'hommes politiques et de militaires retenus par les FARC est un signal envoyé par cette organisation armée susceptible de créer les conditions pouvant rendre possible un dialogue entre la guérilla et l'État. Cependant, je ne perçois pas une vraie volonté de paix de la part du président Santos qui, malgré un style de gouvernement différent de son prédécesseur, continue à privilégier une sortie militaire.
Lorsque le président affirme que "la porte de la paix n'est pas fermée", mais que pour l'ouvrir, la guérilla doit cesser son activité militaire, remettre les armes, etc.., en réalité il dit aux Colombiens que la guerre va continuer. Comment s'attend-il à ce que les FARC, après plus de 46 ans, démobilise ses hommes et livre ses armes pour de vagues promesses de paix? Surtout  quand on est en face d'un État qui a systématiquement failli à ses accords. Il suffit de jeter un coup d'œil à l'histoire Colombienne : depuis la livraison de Guadalupe Salcedo, sous le gouvernement militaire de Rojas Pinilla, jusqu'aux accords les plus récents (…) le manquement a été une constante. "(11)
La pensée critique:
"La pensée critique est, selon ma façon de voir, une condition fondamentale du travail académique et intellectuel : elle nous offre la possibilité d'analyser et d'examiner la réalité depuis une perspective différente de celle des idées dominantes (…) La pensée critique a été le moteur indispensable pour la progression de l'humanité, mais elle n'a pas parcouru un chemin linéaire et a dû faire face aux pouvoirs institués, dont l'intérêt était de montrer une vérité unique. (…) Dans un pays comme le nôtre, traversé par un conflit interne séculier, l'exercice de la pensée critique devient encore plus nécessaire. Nous, sociologues, avons l'engagement éthique et politique de faire surgir ces réalités que la pensée hégémonique tente d'occulter.
Il s'agit de vérités qui dérangent le système et que celui-ci essaie de gommer, en poursuivant et criminalisant ceux qui essaient de les chercher. Aujourd'hui, ceux qui font des lectures critiques de la réalité sociale sont publiquement marqués comme 'terroristes', mais très certainement demain ces aspects de la réalité seront à découvert et on reconnaîtra les dimensions d'une confrontation armée et sociale que les gouvernants en place s'entêtent à réduire à une 'menace terroriste. "(Ibíd.)
Le professeur Miguel Ángel Beltrán est une voix nécessaire pour le peuple colombien, ainsi que les 7.500 voix emprisonnées sous des montages judiciaires.
Notes
(1) Miguel Ángel dans l'entretien 14 avril 2011, "La vérité est dérangeante pour le système" http://www.traspasalosmuros.net/node/360
(2) Le témoin qui a travaillé pour la DAS au Mexique, a déclaré que Miguel Ángel Beltrán était innocent; la DAS et le Ministère Public ont occulté ce rapport; et ensuite, après que le témoin ait réapparu appuyé par le bureau des Droits de l'Homme, la 'justice' colombienne a rejeté l'utilisation de cette preuve.
(3) Toutes les procédures judiciaires s'appuyant sur les "ordinateurs magiques" s'effondreraient: La Cour Suprême de Justice a disqualifié les documents bombardés comme preuve, concernant les ordinateurs.http://www.rebelion.org/noticia.php?id=128769&titular=la-corte-suprema-de-justicia-descalifica-los-archivos-del-bombardeado-computador-como-pruebas-
(4)Joaquín Pérez Becerra, journaliste:
Au cours de l'audience d'accusation formelle devant un juge à Bogota, les Avocats ont demandé l'annulation de la procédure exercée l'encontre de Joaquín Pérez Becerra, directeur de l'agence Anncol. 
À la suite de la livraison illégale de Joaquín Pérez Becerra : "Llamando a la ternura, entre traiciones, censuras y persecución". http://www.rebelion.org/noticia.php?id=128568
(5)Liliany Obando sociologue, documentariste et syndicaliste
LE JUGE DÉNIE ARBITRAIREMENT LE DROIT À LA LIBERTÉ DE LILIANY PATRICIA OBANDO VILLOTA, PRISONNIÈRE POLITIQUE COLOMBIENNE. Bien que: “Depuis la date à laquelle l'instruction a été qualifiéjusqu'à aujourd'hui deux (2) ans et vingt (20) jours se sont écoulés sans que l'audience publique ne se soit achevée, ce qui, selon l'article 365 de la Loi 600 de 2000, constitue une raison de remise en liberté par expiration du délai". http://www.traspasalosmuros.net/node/370
(6) S.O.S Liliany Obando, dénoncent représailles à son encontre, déplacement et isolement:
(7)  "Des conditions inhumaines, tabassage et torture persistent dans la prison de haute sécurité de La Tramacúa, en Colombie, a assuré Alliance for Global Justice. Les prisonniers sont privés d'eau et la nourriture contient de la matière fécale ou elle est pourrie, comme l'a constaté la Commission pour les Droits de l'homme de Nations Unies et différentes ONG; les conditions sanitaires sont déficientes"
À La Tramacúa, pénitencier de haute sécurité de Colombie, la situation s'aggrave.
Quotidien "La Jornada"
Mardi 17 Mai 2011
“La Tramacúa”: l'Abu Ghraib de Colombie”. Première partie d'une série sur la répression conçue par les USA dans le système pénitentiaire colombien James Jordan / Vendredi 20 août 2010
Leandro en avait assez de manger des excréments à la prison et il s'est suicidé aujourd'hui
 (8) "Les actions du gouvernement de Santos, pour cacher le para-militarisme" (…), le Mouvement de Victimes de Crimes d'État dénonce: "Dans la Politique de Prospérité Démocratique, la persistance des Crimes de Lèse Humanité se cache sous la dénomination de Bandes Criminelles, qui fait partie de la "réingénierie" paramilitaire et l'hypocrisie du spectacle des démobilisations. Le pouvoir mafieux, politique et patronal persiste dans les structures paramilitaires. (…) la criminalisation de la protestation sociale, la judiciarisation de paysans, d'étudiants et de défenseurs des Droits de l'Homme, perdure, en même temps que se poursuit la pratique de la disparition forcée, des violences sexuelles, du contrôle militaire sur la vie et la pensée critique".
(9) Ils dénoncent les tortures à la prison ERON http://www.traspasalosmuros.net/node/448
(10) Déjà 5 prisonniers politiques sont morts en 2011 dans les prisons colombiennes par refus d'assistance médicale.
Il y a environ 500 prisonniers politiques et de guerre, et 7000 prisonniers politiques dans les prisons du régime colombien; la torture est dénoncée comme une pratique fortement récurrente à l'encontre de ces
7.500 prisonniers politiques.
(11) (1) Miguel Ángel dans l'entretien 14 avril 2011, "La vérité est dérancgeante pour le système" http://www.traspasalosmuros.net/node/360





Gracias a: Tlaxcala
Fuente: http://azalearobles.blogspot.com/2011/06/libre-miguel-angel-beltran-faltan-7500.html
Fecha de publicación del artículo original: 05/06/2011
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sábado, 23 de abril de 2011

Colombie : Violée à 30 mètres d’un poste militaire, au pays des « prisons Resort » pour militaires…

Colombie : Violée à 30 mètres d’un poste militaire, au pays des « prisons parcs de loisir » pour militaires…


Azalea ROBLES


« (…) Sur le trajet il y avait deux groupes de militaires, l’un à 30 mètres et le second à 50 mètres de ce dernier, devant lesquels, de façon inexplicable, l’agresseur est passé ; la victime a été jetée dans un ravin, à seulement 30 mètres de l’endroit où se situait le dernier groupe de militaires », révèle le CPDH.
« (…) Plusieurs des militaires condamnés continuent à gérer leurs biens et leurs affaires sur ces lieux-mêmes, par exemple le lieutemant-colonnel Pulido, condamné en tant que responsable du massacre de La Cabuya où, le 20 novembre 1998, furent assassinés cinq paysans, dont une femme enceinte de 7 mois. Le restaurant, propriété de cet ex-officier, s’appelle « Héros ». (…) Hebdomadaire Semana.
« Il y a environ un an, le caporal Blandón Vargas Humberto a pu s’en aller tranquillement passer toute la Semaine Sainte, avec toute sa famille, à l’Hôtel Kosta Azul, à San Andrés. Il a rapporté de là-bas, pour offrir, des tee-shirts très chics », raconte un soldatBlandón a été condamné pour séquestration, torture et homicide d’un groupe de paysans d’Antioquia (…)
Le nombre des agressions, des traitements dégradants, des viols et des crimes dont sont victimes les femmes et les fillettes, en Colombie, connaît une augmentation dramatique : la pauvreté, la marginalisation et la dégradation morale distillée par les médias pour légitimer les valeurs maffieuses d’un système qui provoque plus que jamais les inégalités sociales, la violence répressive et le contrôle social sont un terrain fertile pour les agressions contre les femmes. Les femmes sont le bouc émissaire d’une société machiste dont les frustrations sont élevées à la puissance maximum par une violence structurelle en constante expansion. En même temps que régresse l’accès à la santé, à l’éducation, au logement, à l’emploi… augmente la violence structurelle que génèrent les mécanismes de spoliation et la monopolisation du capital. Et s’ajoute à ce qui précède un facteur déterminant qui caractérise la Colombie : les viols et les meurtres de femmes et de fillettes sont en train de se généraliser, encouragés par l’impunité systématique qui prévaut pour les crimes d’Etat. Ce constat fait de l’impunité un sujet central dans le combat pour le respect dû aux femmes comme c’est un sujet central sur la voie de la paix et de la justice sociale en Colombie.
L’impunité dont jouissent les militaires, les paramilitaires et les grands propriétaires terriens amplifie le caractère systématique des viols commis sur des femmes en Colombie. Les crimes et l’impunité qui entourent les viols et les assassinats des enfants d’Arauca occupée par l’armée (1), les scandales des « clubs de détente  » dans lesquels le très petit nombre de militaires condamnés purgent leurs peines, l’insolence avec laquelle les violeurs, citoyens des Etats-Unis, échappent à la justice colombienne (2), le nombre aberrant de fillettes paysanes chassées de leur terre qui vivent en esclavage, à la merci de caciques latifundistes, soulignent le lien macabre qui existe entre l’augmentation dramatique du nombre des viols et les privilèges d’immunité et d’impunité dont jouissent les criminels. La Colombie et le Mexique sont deux pays dans lesquels le nombre de meurtres de femmes atteint des sommets d’épouvante : leur dénominateur commun, mis à part la pauvreté que connaissent ces deux pays, c’est l’impunité pour les crimes d’Etat et la dégradation sociale qu’elle entraîne. Dans ces deux pays, on assiste à une intense répression et à un contrôle social exercés par l’Etat contre la population civile tandis que les groupes paramilitaires et les narcotrafiquants, intimement intégrés à l’Etat, font triompher leurs valeurs. Le Mexique connaît une augmentation du rôle des « conseillers militaires étatsuniens »avec l’augmentation des atteintes aux Droits de l’Homme que cela entraîne : tout comme on a pu le constater concrètement en Colombie depuis que les conseillers militaires étatsuniens forment les militaires colombiens aux méthodes de la contre-guérilla. La plus grande fosse commune du continent américain a été découverte à la Macarena, en Colombie : 2.000 cadavres de personnes « disparues » par l’armée ont été découverts après le passage du Bataillon de la Force Omega du Plan Colombie qui bénéficie d’un encadrement étatsunien resserré (3).

Violée à 30 mètres d’un poste militaire.
Au debut du mois d’avril, le CPDH a rendu public un nouveau cas de viol imputable à un militaire dans un climat d’impunité totale : une femme violée et poignardée par un militaire, à 30 mètres d’un poste militaire, le 3 avril 2011. La femme se trouve entre la vie et la mort ; son agresseur, un militaire, a été identifié, arrêté et remis en liberté ; le groupe de soldats « aveugles » a été muté (4). Le CPDH revèle : « Elle a été agressée à l’arme blanche ; elle a subi plusieurs blessures sur des parties vitales de son corps qui constituent autant de traitements cruels, inhumains et dégradants et elle a été violée ; sur le trajet, il y avait deux groupes de militaires, l’un à 30 mètres et le second à 50 mètres de ce dernier devant lesquels, de façon inexplicable, l’agresseur est passé ; la victime a été jetée dans un ravin à seulement 30 mètres de l’endroit où était posté le dernier groupe de militaires (…) On a pu identifier l’agreseur présumé qui est un militaire engagé dans l’Armée Nationale (J. Jésus Advincula Delgado) (…) En raison du peu d’empressement mis à relever les élements à charge et à faire ce qui était urgent, il a été laissé en liberté et mis à la disposition des autorités militaires, mais il est tout à fait légitime de fonder des craintes, car il est actuellement en liberté, sans aucune restriction légale et, en outre, les militaires qui se trouvaient à La Victoria, le 3 avril dernier, tout près de la scène du crime, ont été transférés hors de la zone.  » (ibid). C’est là une parmi les milliers de plaintes déposées pour viol de femmes et de fillettes commis par les forces publiques de Colombie : dans la presque totalité des cas, ces plaintes n’aboutissent jamais ; le système lui-même les fait avorter en s’aidant du peu d’empressement à recueillir les éléments à charge et de la menace ou de l’assassinat à l’encontre des plaignants. Par ailleurs, les plaintes sont la pointe de l’iceberg : porter plainte, pour viol, contre les forces publiques est un acte qui exige un courage extrême, en Colombie, parce que cela peut coûter la vie au plaigant. On est donc autorisé à déduire que le nombre de plaintes est bien inférieur au nombre d’agressions sans dépôt de plainte. En outre, sur le nombre total de plaintes, l’impunité concerne 99% des cas et, lorsqu’il y a condamnation, celle-ci est totalement illusoire et les violeurs ne finissent pas en prison, mais « purgent leur peine  » dans une base militaire où ils disposent de terrains de sport, de restaurants, de piscines… de tout le confort (5). Le caractère systématique de ces crimes et l’impunité systématique dont jouissent les militaires souligne le fait que les viols de la part des militaires sortent de la vague et irresponsable définition des « dommages collatéraux d’un conflit » ; ce sont des actes qui font partie d’un terrorisme d’Etat.

Prisons dorées et vacances aux Caraïbes payées avec de l’argent public pour des militaires « condamnés » par la justice.
Les militaires « condamnés à des peines de prison  », en Colombie, sortent quand ils veulent de leur « prison » et vont passer quelques semaines de vacances aux Caraïbes, payées par le budget public- (6) Semana nous décrit le « Tolemaida Resort  » : « Il y a des prisonniers qui ont passé des vacances à San Andrés et à Cartagena (…) Des sous-officiers et des soldats, non seulement n’ont pas été mis à pied, mais ils continuent à percevoir, en prison, une partie de la solde qu’ils touchaient antérieurement et d’autres avantages comme, par exemple, celui de continuer à cotiser pour leur retraite. Certains ont demandé leur mise à la retraite. Certains, même, ont été promu au grade supérieur durant leur incarcération (…) Plusieurs des militaires condamnés continuent, depuis la prison, à gérer leurs affaires personnelles, par exemple le lieutenant-colonnel Orlando Pulido, condamné à 30 ans comme responsable du massacre de La Cabuya où, le 20 novembre 1998, furent assassinés cinq paysans, dont une femme enceinte de 7 mois. Le restaurant géré par cet ex-officier s’appelle « Héros ». (…) Les maisons y ressemblent davantage aux chalets d’une station balnéaire qu’aux bâtiments d’un pénitencier. La plupart sont équipées de climatisation, Internet, télévision par satellite, parmi d’autres éléments de confort « (ibid)
C’est dans ces conditions de « Resort  » que vivent les tortionnaires, les violeurs les responsables de massacres et leur confort est assuré par les généraux de haut rang : « Sont arrivés les gens des AFEUR (Agrupación de Fuerzas Especiales Urbanas/ Groupement des Forces Spéciales Urbaines) de la IVº Brigade de Medellín, condamnés suite à l’opération Orión et aux « disparitions forcées ». Egalement les militaires des Gaulas condamnés pour « faux positifs » [assassinats prémédités de civils pour déguiser leurs cadavres et faire croire qu’ils étaient des guerrilleros morts au combat et toucher ainsi les primes afférentes] ou bien les gars du Bataillon La Popa, de Valledupar, condamés pour « faux positifs » et ceux de la VIº Brigade, condamnés pour des meurtres semblables à ceux de Cajamarca où furent assassinés plusieurs paysans, en 2004, ou bien les massacres (une série de 20 exécutions en 2003) de Viotá - raconte un des internés - Là, les commandants ont commencé à offrir des bungalows pour tous ces hommes. Le général Montoya en a offert environ 4 ou 5 aux soldats des AFEUR. Le général Oscar González aussi a entrepris de faire construire 8 ou 10 bungalows. Ils nous ont beaucoup aidés. Le général Montoya est venu au moins un dizaine de fois ici et le général González plus de 20 fois. Chaque fois qu’ils venaient à Tolemaida, ils nous demandaient de quoi nous avions besoin (…) explique le détenu. » (ibid).
Les militaires « détenus », en Colombie, se payent même le luxe de vivre en dehors de leur prison dorée. « Ils entraient et sortaient librement de leur prison de Tolemaida ; ils s’offraient le luxe de vivre en dehors du pénitencier et de la base. Un exemple : celui du soldat engagé volontaire Santiago Escudero Uribe, condamné à 35 annnées de prison pour l’assassinat de deux paysans, à Antioquia, qu’il fit passer pour membres de l’ELN morts au combat. Le soldat vivait fréquemment dans une luxeuse demeure de cet ensemble (…) où vivait sa famille. Là, il est connu comme étant le propriétaire de plusieurs boulangeries à Melgar », (ibid). Les militaires condamnés voyagent, prennent des vols commerciaux et partent dans les îles, aux Caraïbes : « Il y a environ un an, le caporal Blandón Vargas Humberto a pu partir très tranquillement passer la Semaine Sainte, avec toute sa famille, à l’Hotel Kosta Azul, à San Andrés. Il a rapporté de là-bas, en guise de cadeau, plusieur tee-shirts très chics  » raconte un soldat. « Blandón a été arrêté en 2001 et condamné à 40 années de prison pour séquestration, torture et homicide d’un groupe de paysans d’Antioquia lorsqu’il faisait partie du Bataillon Juan del Corral, de la IVº Brigade  » (ibid).
Il y a, actuellement, 843 membres des Forces Armées Nationales aux arrêts dans des centres de vacances de « réclusion » : 174 membres de l’Armée de Terre, 648 de la Police, 13 de la Marine, 8 des Forces Aériennes. Et dans les 9 « centres spéciaux de réclusion » qui dépendent de l’Armée, il y a 942 condamnés (7).
La révélation du scandale des « Prisons Resort  » pour militaires colombiens n’a été suivi d’aucun changement. A la proposition du ministre de l’Intérieur et de la Justice, Vargas Lleras, de faire transférer les militaires condamnés dans des prisons véritables, Rodrigo Rivera, ministre de la Défense, a déclaré, sans la moindre pudeur, que « les nouveaux centres pénitenciaires spéciaux situés à l’intérieur des bataillons des Forces Armées dans différentes zones du pays sont conformes à toutes les règles constitutionnelles »,  (ibid), et qu’il considère donc inopportun de transférer les militaires dans de vraies prisons. Le général Alejandro Navas, chef des Armées, a considéré, sans honte, qu’ « il n’est pas nécessaire de transférer un plus grand nombre de militaires condamnés dans les centres de détention civils, car l’Armée a tout à fait les moyens de gérer ses centres de détention et d’accueiller ses internés ». (ibid).
L’impunité ou bien, à sa place, « la prison Resort  » est la récompense que l’Etat colombien accorde aux militaires qui violent les Droits de l’Homme. Cela souligne, une fois de plus, que les atteintes aux Droits de l’Homme de la part des membres des forces publiques sont protégés par l’Etat colombien. Cela s’inscrit dans une doctrine qui définit la politique de contre-guerrilla et dans ce pervers concept militaire d’ « ennemi de l’intérieur » selon lequel « l’ennemi de l’intérieur » c’est la population civile (8). Le viol fait partie de la stratégie du terrorisme d’Etat contre la population civile et son développement exponentiel résulte de son impunité systématique.
Dans la doctrine militaire de la contre-guerilla entrent la torture et la terreur exercées sur la population civile dans le double but de déplacer les populations des zones à haut intérêt économique et de faire taire les revendications sociales. La terreur cherche à paralyser la population et à empêcher qu’elle s’organise. C’est du contrôle social. L’outil paramilitaire de la confiscation des terres fait partie de cette stratégie gouvernementale : cette spoliation est financée par des multinationales, par les grands propriétaires terriens et par l’Etat ; elle est appliquée en coordination avec l’Armée (9). Rien qu’entre juin 2005 et décembre 2010, cet outil paramilitaire a commis au moins 173.183 assassinats , 1.597 massacres, 36.467 personnes portées « disparues forcées » et, au moins, 74.990 déportations forcées, selon le rapport de janvier 2011 du Ministère de la Justice. Le drame que constitue cette agression de l’outil paramilitaire et de la Force Publique contre la population civile, en Colombie, est passé sous silence. Aussi longtemps que sera en vigeur la doctrine militaire de « l’ennemi de l’intérieur » et que prévaudra l’impunité systématique pour les crimes d’Etat, en Colombie, la violence sexuelle et l’assassinat des femmes continueront leur dramatique croissance exponentielle.
Azalea Robles
Ce texte fait partie d’une enquête sur l’impunité, en Colombie ; c’est un chapitre du texte de Azalea Robles : « Les 50 fillettes violées par El Patrón, la juge assassinée, l’impunité et ses euphémismes ».
Traduction M. Colinas pour le Grand Soir
Notes :
1) - Les crimes et l’impunité qui entourent le viol et l’assassinat des enfants de Arauca par des militaires. Impunité pour la poursuite de la Statégie de la Terreur : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=116639
Assassinat de la juge qui instruisait l’affaire des enfants violés et assassinés par l’Armée de Colombie :http://www.rebelion.org/noticia.php?id=125003&titular=asesinada-una-jueza-que-llevaba-el-caso-de-los-ni%F1os-violados-y-asesinados-por-el-
(2)- les violeurs étatsuniens échappent à la justice. Viols commis par des militaires étatsuniens en Colombie :http://www.youtube.com/watch?v=uES0FUadSD4http://www.youtube.com/watch?v=Pto-DAxAMi0
La Cour Constitutionnelle a déclaré inconstitutionnel l’accord signé entre les gouvernements de Colombie et des Etats-Unis, en août 2010, mais malgré cette sentence, sous la présidence de Santos, on continue d’installer des bases militaires des Etats-Unis en Colombie, en 2011 : http://www.rebelion.org/noticia.php?id=123813&titular=el-gasto-multimillonario-del-pent%E1gono-revela-la-instalaci%F3n-efectiva-de-bases-del-comando-sur-en-
(3) - La plus grande fosse commune du continent américain a été découverte, en décembre 2009, à El Meta, derrière le Bataillon militaire de la Macarena : la fosse contenait 2.000 cadavres de personnes dont la disparition incombe au corps armé de la Force Omega du Plan Colombie :http://www.publico.es/internacional/288773/aparece/colombia/fosa/comun/cadaveres
Les médias font silence sur la plus grande fosse commune d’Amérique tandis que l’Etat Colombien essaye de travestir les faits :
(4) Le CPDH revèle : « Elle a été agressée à l’arme blanche ; elle a subi plusieurs blessures sur des parties vitales de son corps, qui constituent autant de traitements cruels, inhumains et dégradants et elle a été violée ; sur le trajet, il y avait deux groupes de militaires, l’un à 30 mètres et le second à 50 mètres de ce dernier devant lesquels, de façon inexplicable, l’agresseur est passé ; la victime a été jetée dans un ravin à seulement 30 mètres de l’endroit où était posté le dernier groupe de militaires (…) On a pu identifier l’agreseur présumé qui est un militaire engagé dans l’Armée Nationale (J. Jésus Advincula Delgado) (…) en raison du peu d’empressement mis à relever les élements à charge et à faire ce qui était urgent, il a été laissé en liberté et mis à la disposition des autorités militaires, mais il est tout à fait légitime de fonder des craintes, car il est actuellement en liberté, sans aucune restriction legale et, en outre, les militaires qui se trouvaient à La Victoria, le 3 avril dernier, tout près de la scène du crime, ont été transferés hors de la zone.  » :
(5) - Cinq militaires ne vont pas en prison, mais « purgent leur peine » sur une base militaire avec terrains de sports, restaurants… et tout le confort…
(6) - « Tolemaida Resort  » de la Revue Semana :http://www.semana.com/noticias-nacion/tolemaida-resort/154427.aspx
(8) - Depuis les années 60, suite à la visite en Colombie de la Mission Yarbourough de l’armée des Etats-Unis (fevrier 1962) et les directives secrètes que cette Mission laissa par écrit, l’Etat colombien a adopté une stratégie de contre-insurrection paramilitaire bien avant que n’apparaissent les guérillas de ce cycle (1964-1965). Cette doctrine stratégique peut être étudiée dans les Manuels de contre-insurrection qui commencent à faire partie de la Bibliothèque de l’Armée et, donc, dans les textes d’étude et d’instruction militaire à partir de 1962. A partir de 6 manuels (1962, 1963, 1969, 1979, 1982, 1987) il est possible de suivre l’évolution de la conception que se fait l’Armée de la population civile et de son rôle dans la guerre : 1) la population doit être impliquée dans la guerre (paramilitarisme). 2) elle doit être la cible principale de la guerre de contre-guerilla (guerre contre les mouvements sociaux ou contre les opposants au statu quo) :
9) - L’outil paramilitaire qui consiste à chasser de leurs terres les paysans qui y sont installés fait partie de cette stratégie d’Etat, financée par des multinationales, les grands propriétaires terriens et l’Etat, stratégie mise en œuvre en coordination avec l’Armée :
URL de cet article 13450
http://www.legrandsoir.info/Colombie-Violee-a-30-metres-d-un-poste-militaire-au-pays-des-prisons-parcs-de-loisir-pour-militaires.html

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